Fin du tarif Guichet à bord des trains : pour l’Autan, c’est non !

Afin de manifester notre opposition à la suppression du tarif guichet à bord des trains, nous avons écrit la lettre suivante à la direction TER de la région Hauts-de-France.  Nous invitons les associations d’usagers à envoyer un courrier similaire aux responsables de la SNCF et de leur région.

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Messieurs,
Nous sommes vivement inquiets de la mise en place d’une nouvelle campagne de communication lancée par la SNCF, intitulée « Je monte à bord, j’achète mon billet d’abord ». Cette campagne a clairement pour objectif de préparer la suppression du tarif « guichet » à bord des trains.
Tout comme Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, nous sommes tout à fait opposés à la suppression de ce tarif, qui est indispensable aux usagers des zones rurales habitant près des points d’arrêt non gérés.
Il y a, dans notre région comme dans le reste de la France, de nombreuses zones où les habitants n’ont pas accès à internet (elle représentent au total 15% du territoire national).
De plus, un grand nombre d’habitants n’ont, pour l’instant, pas accès à internet, ni sur ordinateur, ni sur téléphone, soit pour des raisons financières, soit parce qu’ils ne maîtrisent pas cette technologie.
En outre, les usagers de ces points d’arrêt ne peuvent pas forcément se rendre en gare pour acheter leur billet – d’autant que les guichets sont de moins en moins nombreux et que leurs horaires sont de plus en plus restreints.
Et même dans les gares où il existe un guichet et/ou un distributeur : au moindre incident (comme une panne de distributeur), les usagers seront pénalisés, en devant payer leur billet plus cher pour être en règle, malgré leur bonne foi et ces circonstances exceptionnelles.
Cette mesure va occasionner des augmentations très importantes pour les usagers des zones rurales qui habitent près des points d’arrêt non gérés dépourvus de tout distributeur.
Pour ces différentes raisons, nous considérons qu’il est discriminant, pour les zones rurales, que le tarif « guichet » soit supprimé à bord des trains ; et nous regrettons la mise en place de cette campagne de communication destinée à préparer sa mise en oeuvre dans un court délai.
Nous relayons également une interrogation des usagers : aux points d’arrêt non gérés, leur sera-t-il encore possible de souscrire à un abonnement auprès du chef de bord, dans les mêmes conditions qu’actuellement ?
Nous sommes bien sûr à votre disposition pour tout échange complémentaire sur ces différents sujets.
Veuillez agréer, Messieurs, nos salutations les plus cordiales.
M. Lamotte, président
M. Magniez, secrétaire.

Association des Usagers des Transports – Aisne Nord (A.U.T.A.N.)

Rapport Spinetta : Quel avenir pour la gare TGV Haute-Picardie ?

Le rapport Spinetta note la grande importance, économique et écologique, du Train à Grande Vitesse en France. Il note ainsi par exemple que :

« Un voyageur en TGV émet cinquante fois moins de CO2 par kilomètre parcouru qu’en voiture, vingt-cinq fois moins qu’en covoiturage, et huit fois moins qu’en bus ».

Cependant, il suggère aussi une réduction du nombre de dessertes TGV, pour des raisons de rentabilité.  Il précise :

« Dans certains cas le principe même de desserte par un TGV ne semble pas rationnel et il conviendrait d’envisager une meilleure articulation entre les services régionaux et nationaux ».

Il nous semble donc important de connaître l’avenir que l’Etat et la SNCF souhaitent réserver à la gare TGV Haute-Picardie. Selon le rapport Spinetta :

La « zone de pertinence économique » du TGV, ce sont « les dessertes de très grandes agglomérations avec des trajets durant jusqu’à trois heures ».

La gare TGV Haute-Picardie répond-elle à cet objectif grâce à la desserte du pôle métropolitain d’Amiens et de la communauté d’agglomération de Saint-Quentin ?

Nous espérons que l’Etat et la SNCF nous diront rapidement leurs intentions concernant le maintien ou non de cette gare.

L’Autan défend quant à elle deux mesures pour améliorer efficacement le raccordement de l’Aisne et de la Somme au réseau national à grande vitesse :

  • Raccorder le réseau TER et le réseau TGV en Haute-Somme, via une nouvelle liaison par voie ferrée (ou, à défaut, par car) entre la gare TER de Chaulnes et la gare TGV Haute-Picardie ;
  • Mettre en place des liaisons TER régulières entre Saint-Quentin et Roissy, lorsque le barreau Roissy-Picardie sera construit.

Quelles que soient les décisions prises, il faut en tous les cas impérativement que soit préservée, voire améliorée, la mobilité des habitants de l’Aisne, de la Somme et des alentours. Les usagers qui recourent habituellement à la gare TGV Haute-Picardie pour des raisons professionnelles et de loisirs ne doivent pas subir une dégradation de leur accès au réseau TGV.

Ainsi, nous serons attentifs à ce que les départements de l’ex-Picardie ne deviennent pas des zones encore davantage enclavées, alors que leur position géographique nationale et internationale devrait au contraire faire de ces territoires des lieux particulièrement bien desservis en termes d’infrastructures de transport.

Menaces sur les lignes ferroviaires dans l’Aisne : l’Autan tire le signal d’alarme !

Communiqué de presse de l’Association des Usagers des Transports – Aisne Nord 

« Menaces sur les lignes ferroviaires dans l’Aisne : l’Autan tire le signal d’alarme ! »

Consultation publique en ligne, ateliers territoriaux des Assises de la Mobilité, Conseil d’Orientation des Infrastructures… : les consultations menées dans le domaine des Transports ont été très nombreuses ces derniers mois. Ce cycle ouvert à l’automne 2017 s’est achevé en février 2018 avec la remise de 2 rapports officiels au gouvernement : les rapports Duron et Spinetta. Ces consultations doivent servir de base pour la future « Loi d’orientation des Mobilités » qui sera présentée au parlement dans quelques mois.

Dans ce contexte, l’association Autan, membre de la Fédération nationale des Usagers des Transports (Fnaut), exprime sa très vive inquiétude face à la conception du transport ferroviaire qui est développée dans les rapports Duron et Spinetta.

Le rapport Duron, intitulé « Mobilités du quotidien », considère que le transport ferroviaire n’est pertinent que « là où il y a un besoin de transport massifié » et qu’il faut donc « réinterroger l’usage des voies faiblement fréquentées » (p. 38).

Le rapport Spinetta, intitulé « L’avenir du transport ferroviaire », affirme lui aussi que le ferroviaire n’est pertinent que « quand les flux sont massifs », c’est-à-dire plus précisément dans deux types de cas : « zones urbaines et périurbaines denses », et « liaisons rapides entre grandes agglomérations comprises entre 1 et 3h » (p. 37).

Mais il va beaucoup plus loin dans les conséquences concrètes qu’entraîne l’application de ce principe. Il distingue (pp. 50 et 52) deux types de liaisons ferroviaires directement menacées à court ou moyen terme, dont la fermeture est recommandée à des fins d’économies, après une étude de chacune au cas par cas. Nous illustrons ci-dessous chacune de ces catégories avec des exemples tirés des lignes des Hauts-de-France explicitement pointées du doigt dans le rapport :

1) « Petites lignes » à faible fréquentation (moins de 20 trains par jour) :

– Laon – Hirson ;

– La Ferté-Milon – Fismes – Reims ;

– Beauvais – Le Tréport – Abbeville ;

– Lourches – Valenciennes ;

– Lille – Comines ;

– L’étoile ferroviaire de Saint-Pol-sur-Ternoise (vers Etaples – Le Touquet, Béthune et Arras).

2) « Petites lignes » à fréquentation plus élevée (plus de 20 trains par jour) :

– Laon – Soissons – Crépy-en-Valois ;

– Douai – Cambrai (tronçon utilisé par l’actuelle liaison Lille – Saint-Quentin…) ;

– Amiens – Compiègne ;

– Lille – Béthune.

Les usagers des lignes ci-dessus peuvent d’ores et déjà commencer à s’inquiéter, car la suppression de ces liaisons est hélas une réalité tout à fait clairement envisagée. Certaines d’entre elles (comme La Ferté-Milon – Fismes par exemple) ont d’ailleurs déjà été fermées, et d’autres sont gravement menacées à très court terme, comme Abbeville Le Tréport !

Enfin, le rapport Spinetta demande également à l’Etat de s’interroger sur le maintien de lignes secondaires dont il considère que le trafic est « faible au regard des densités de circulation observées chez nos voisins européens ». Il réclame pour ces lignes, comme sur les « petites lignes » listées ci-dessus, que soit établie « une vision précise de l’état des lignes, des besoins d’investissements et de l’utilité collective de ces investissements » (p. 52).

Cela signifie que pèse donc également sur ces lignes un risque sérieux de fermeture ! Dans les Hauts-de-France, cela concerne en particulier les liaisons suivantes :

– Amiens – Ham – Tergnier – Laon (le tronçon Amiens – Tergnier est aussi utilisé actuellement pour la liaison Saint-Quentin – Amiens) ;

– Laon – Reims ;

– Amiens – Abbeville – Boulogne – Calais ;

– Amiens – Rouen.

Nous craignons également la fermeture de nombreuses gares et de points d’arrêt. Le rapport préconise en effet que « la partie voyageurs des gares et haltes pourrait être confiée à terme aux régions » (p. 107).

L’Association Autan dénonce vigoureusement ces projets qui n’expriment qu’une simple vision comptable du transport ferroviaire, basée sur des modèles économiques et financiers contestables. Si de telles préconisations étaient appliquées, l’aménagement de nos territoires et la mobilité des habitants seraient gravement impactés.

Selon nous, l’Etat ne peut pas se décharger ainsi de ses obligations en matière de transports et d’aménagement du territoire, en attribuant soudain ces compétences exclusivement aux régions, dont certaines, comme les Hauts-de-France, n’ont pas les moyens financiers suffisants pour compenser intégralement le désengagement croissant de l’Etat. Seule la mobilisation conjointe des usagers, des agents SNCF et des élus locaux pourra montrer à l’Etat toute l’importance de ces liaisons pour nos territoires, et le faire renoncer à détruire notre patrimoine ferroviaire régional.