Le Technicentre SNCF Le Landy : Notre « médecin-traitant » pour les TER Hauts-de-France.

Le Technicentre SNCF Le Landy :

Notre « médecin-traitant » pour les TER Hauts-de-France.

Visite du mardi 28 mai 2019

L’Association des Usagers des Transports – Aisne Nord Oise Somme (AUTAN) a participé ce mardi 28 mai à une visite du technicentre SNCF Le Landy.

Durant cette rencontre, à laquelle ont participé au total 4 associations du versant Sud des Hauts-de-France, nous avons été impressionnés par l’organisation sans faille et la maîtrise technique exemplaire, qui caractérisent les agents SNCF dans leur action au service des usagers.

Nous avons découvert les lieux précis où se déroule la maintenance des TER Hauts-de-France que nous utilisons au quotidien. C’est un lieu important, car même si les Regio 2N et Regiolis sont entretenus à Longueau (et bientôt à Amiens), les opérations de maintenance de grande ampleur auront toujours lieu au technicentre Le Landy.

L’entretien du nouveau matériel TER Hauts-de-France se fait sur la toiture. Au Landy, des structures adaptées ont donc été construites. La région Hauts-de-France a participé au financement des infrastructures nécessaires pour ce mode d’entretien.

Les explications pédagogiques qui nous ont été données nous ont permis de mieux comprendre les raisons de certains aléas rencontrés, et de voir les solutions mises en œuvre pour y répondre.

Chacun a pu poser ses questions sur l’entretien des moteurs, les révisions périodiques, les problèmes de portes, la sécurité relative aux systèmes d’attelage et de freinage, etc.

L’amélioration des process de maintenance permet l’intégration de plus en plus forte des nouvelles technologies.

Ainsi, des systèmes embarqués et des capteurs permettent de déterminer, à distance, des éléments précis comme l’état de la pression des freins, ainsi que tous les paramètres dans la voiture, ce qui est un gage de sécurité important. Cela permet de rationaliser davantage les interventions de maintenance, en les anticipant et en les adaptant aux besoins réels du matériel. 

Autre exemple de détection grâce aux capteurs et de traitement des données à distance : la capacité d’eau dans les toilettes peut être évaluée de cette manière. Sur ce sujet, d’apparence futile mais qui est en réalité très important, notamment sur de longs trajets : on notera que la régénération des toilettes à l’arrivée des trains sera mise en place à court terme à Beauvais, puis à moyen terme à Saint-Quentin, en même temps que l’arrivée des Régio 2N. Ce système, plus pratique, est déjà en place actuellement en gare de Laon.

Les locomotives pour les matériels Intercités et V2N restent au Landy, au lieu de venir d’Achères (Yvelines), ce qui constitue un gain de temps. Il n’est désormais plus nécessaire non plus de faire venir d’autres locomotives de Villeneuve Saint Georges (Val-de-Marne).

Les Regiolis sur Paris-Laon, et bientôt ceux sur Paris-Calais, sont constitués de 6 moteurs (diesel comme sur les camions, et un ou deux moteurs électriques.) Ils peuvent marcher au minimum avec 2 moteurs diesel lorsqu’un certain nombre de moteurs ne peuvent pas fonctionner pour diverses raisons.

Une visite antérieure de la nouvelle rame Regio 2N normande, avec les associations de personnes en situation de handicap et le CCPH du groupe SNCF à Valenciennes, avait fait ressortir un obstacle pour la personne accompagnatrice au niveau d’une des places qui lui sont réservées. En effet, à la place de droite derrière la cabine de conduite, dans l’espace dédié aux Personnes à Mobilité Réduite, une tablette fixe gênait le passage pour accéder au siège de l’accompagnateur.

Pour les 19 rames similaires prévues dans les Hauts de France, ce problème a été résolu en supprimant cette tablette, même si cela peut retirer un confort supplémentaire pratique pour l’accompagnateur sur une longue distance. Côté Normandie, une solution pour conserver la tablette fera l’objet d’une étude.

Ces réflexions montrent à quel point la visite de nouveaux matériels par les associations d’usagers et de personnes en situation de handicap peut s’avérer utile. En Coreter, nous avons signalé à la région Hauts de France que nous espérons que des visites du matériel seront organisées avant l’arrivée du nouveau matériel sur les axes Paris – Amiens – Calais et Paris – Saint-Quentin – Maubeuge, et que des consultations auront lieu avant la mise en service de ce nouveau matériel.

Très satisfaits par cette visite du technicentre SNCF Le Landy, qui nous a éclairés davantage sur la maintenance du matériel ferroviaire, nous attendons désormais avec un grand intérêt les prochaines visites de ce genre. Les technicentres de Longueau et d’Amiens, les grands travaux mis en œuvre (y compris de nuit), ainsi que la présentation du projet gare du Nord 2024 en pleine mutation, sont des exemples de lieux qui permettent de mieux comprendre l’organisation et la réalité du trafic TER Hauts-de-France d’aujourd’hui et de demain.

Nous encourageons les usagers intéressés par d’éventuelles visites ultérieures à se signaler auprès de nous par mail. Le nombre de places possibles pour chaque visite est bien entendu limité, mais il est important de nous signaler si vous êtes intéressé pour participer à de telles visites à l’avenir.

Nous remercions tout particulièrement les responsables SNCF, qui nous ont fait l’honneur d’être présents avec nous ce soir-là.

Au sein du technicentre Le Landy :
– M. Loïc Messner, directeur d’établissement ;
– Mme Nora Yahi, Dirigeante d unité opérationnelle TER ;

Au sein des équipes TER Hauts-de-France :
– M. Jean-Philippe Martin, Directeur Etablissement Relations Clients TER Picardie ;
– M. Patrice Fauqueux, responsable communication territoriale Picardie

Nous remercions également l’ensemble des équipes du Technicentre Le Landy pour leur accueil et pour leur efficacité.

Antoine LAMOTTE, président
Michel MAGNIEZ, secrétaire

Nouvelle carte TER Hauts-de-France : un premier bilan d’étape

ter hauts de franceMi-décembre 2018, la région Hauts-de-France avait annoncé aux associations d’usagers qu’elle mettrait en place, au 1er avril 2019, une carte « TER Hauts-de-France », accessible à tous pour 30€ (et même à 15€ pour les 12-25 ans). Cette nouvelle carte accorderait 50% de réduction à tous ses détenteurs.

Les associations d’usagers présentes, dont l’Association des Usagers des Transports – Aisne Nord Somme Oise (Autan), s’étaient vivement réjouies de l’instauration de cette nouvelle carte. Elles avaient cependant signalé aussitôt à la région Hauts-de-France un certain nombre d’écueils à éviter pour que cette innovation se passe dans les meilleures conditions.

Maintenant que cette carte est mise en place, voyons si l’enthousiasme initial est toujours là. Ce premier bilan sera également l’occasion de livrer quelques conseils et astuces aux usagers du réseau TER Hauts-de-France.

  1. La carte TER Hauts-de-France : une occasion à saisir.

La carte TER Hauts-de-France est une excellente initiative de la part de la région. Son coût modique (30€ pour un an, voire 15€ pour les 12-25 ans) en fait une carte très abordable pour tous. Nous saluons la possibilité de faire bénéficier jusqu’à 3 accompagnateurs des réductions liées à cette carte.

Nous sommes aussi très satisfaits que des dispositions aient été mises en place pour que les détenteurs de Pass Picardie Evasion ou de Pass Grand TER ne soient pas lésés. Ils ont en effet pu échanger leur ancienne carte, dès le 1er avril, contre une carte TER Hauts-de-France gratuite ou à demi-tarif, en fonction de la durée de validité de leur Pass. C’était l’une des premières demandes qui avaient été formulée par l’Autan au dernier trimestre 2018, et nous sommes très satisfaits d’avoir été entendus sur ce point.

En outre, cette carte accorde des réductions de 50% sur des trajets qui vont au-delà des Hauts-de-France. Sont concernés les trajets sur TER Hauts-de-France au départ ou à l’arrivée de Paris, ainsi que les trajets des Hauts-de-France vers les départements de l’Eure et de la Seine-Maritime.

2. La région rattrape le coup pour les détenteurs de cartes nationales Seniors, Jeunes et Week-End

En décembre 2018, la région a également annoncé aux associations qu’en parallèle de la mise en place de cette nouvelle carte, elle avait décidé de baisser dès le 1er avril 2019 les réductions liées aux cartes nationales Séniors, Jeunes et Week-end sur le réseau TER. Ainsi, elle plafonnerait les réductions liées à ces cartes à 25% seulement, contre 50% garantis jusqu’alors dans le Nord et le Pas-de-Calais, et 50% en période bleue / 25% en période blanche dans l’Aisne, la Somme et l’Oise.

Les associations présentes, dont l’Autan, ont bien sûr alerté aussitôt la région sur les difficultés que cette décision allait entraîner pour les détenteurs de ces cartes. Fin mars, nous nous inquiétions encore qu’aucune communication n’ait été faite à ce sujet à destination des usagers concernés. Hélas, ce qui devait arriver arriva : de très nombreux usagers, détenteurs de ces cartes, se sont retrouvés piégés par l’augmentation de 50% des billets qu’ils avaient l’habitude d’acheter. Ajoutons également à cela la suppression pure et simple des tarifs Découverte, qui offraient jusque-là aux publics Jeunes et Séniors des réductions de 25% sans cate.

Heureusement, le 8 avril, la région Hauts-de-France a annoncé en urgence des dispositions destinées à résoudre ce problème, qui n’avait semble-t-il pas été suffisamment anticipé, malgré nos réactions unanimes dès la mi-décembre. Ainsi, les détenteurs de ces cartes pourront désormais continuer à bénéficier de réductions de 50% sur leurs trajets en TER Hauts-de-France, du 15 avril au 8 mai inclus. Surtout, ils sont invités à se rendre en guichets le plus rapidement possible, afin de se voir remettre une carte TER Hauts-de-France gratuite, dont la date de validité sera déterminée en fonction de la date d’échéance de leur carte nationale.

Selon qu’on voit le verre à moitié vide ou à moitié plein, on reprochera à la région de ne pas avoir appliqué l’adage « Mieux vaut prévenir que guérir », ou bien on la félicitera d’avoir corrigé ces problèmes en une semaine.

Il reste cependant encore à connaître les conditions de remboursement pour les détenteurs de cartes nationales qui auraient acheté début avril une carte TER Hauts-de-France. Ces conditions n’ont pas encore été annoncées officiellement, mais il semblerait logique qu’un tel remboursement soit prévu, puisque la carte TER Hauts-de-France est désormais accessible gratuitement pour ces usagers.

3. Au-delà de la carte TER Hauts-de-France, prendre un billet devient de plus en plus complexe.

Il reste un certain nombre de zones d’ombre à éclaircir pour les semaines à venir, et il s’avère que, pour les usagers, prendre un billet de train devient de plus en plus complexe.

Parmi ces points, signalons d’abord qu’un même trajet entre les Hauts-de-France et la Normandie (Eure et Seine-Maritime) n’a désormais plus le même prix, selon qu’il est effectué dans un sens ou dans l’autre. Ainsi, le détenteur d’une carte TER Hauts-de-France effectuera le trajet Lille -> Rouen pour 18,90€, mais le trajet Rouen -> Lille lui coûtera 37,80€. Cela est dû au fait que la réduction liée à la carte régionale n’est possible que pour les trajets à destination de l’Eure et de la Seine-Maritime, mais pas en provenance de ces deux départements vers les Hauts-de-France.

Les liaisons interrégionales subissent un traitement globalement très insatisfaisant, sans que l’on connaisse la cause de ce problème. Ainsi, des dysfonctionnements techniques importants ont été signalés concernant les usagers du Transilien, qui peuvent acheter sur les site et appli SNCF des billets avec la réduction TER Hauts-de-France pour des trajets des lignes H, K, J et P, alors que les conditions d’utilisation de ces réductions excluent justement les utilisateurs du Transilien.

Nous sommes également surpris et déçus que les usagers des Hauts-de-France qui empruntent des lignes gérées par TER Grand Est au départ ou à l’arrivée des Hauts-de-France ne puisent bénéficier ni des réductions mises en place par les Hauts-de-France, ni des réductions mises en place par la région Grand Est ! Il y a là une double peine assez difficilement compréhensible.

Par ailleurs, la SNCF va changer au 9 mai ses cartes nationales, en les remplaçant par des cartes nationales « Avantage », aux conditions nettement moins favorables pour les usagers que les cartes Séniors, Jeunes et Week-end. La concomitance de ces changements régionaux puis nationaux rend plus difficile l’anticipation des tarifs pour les voyages en train.

Les usagers qui recourent habituellement aux réseaux régional et national, habitués jusque là à n’acheter qu’une seule carte, devront désormais acheter deux cartes différentes pour avoir des réductions optimales : une carte régionale TER Hauts-de-France et une carte nationale Avantage.

Enfin, nous espérons que le matériel roulant sur le réseau TER Hauts-de-France a été adapté à la hausse de fréquentation qui découlera de la mise en place de cette nouvelle carte, en particulier durant les heures de pointe.

Nous invitons bien sûr les usagers à nous transmettre toutes leurs remarques et questions au sujet de cette nouvelle carte TER Hauts-de-France, et sur le trafic TER en général dans la région Hauts-de-France : aisnenord@gmail.com

Conclusion : Affaires à suivre

En conclusion, nous félicitons vivement la région pour la mise en place de cette carte, qui permettra sans nul doute d’accroître la fréquentation des TER Hauts-de-France.

Nous l’incitons cependant à renouer le plus rapidement possible avec la concertation qu’elle avait jusqu’ici l’habitude de mener de manière plus régulière. Cela permettra d’éviter que des erreurs ou dysfonctionnements doivent être corrigés dans l’urgence. Les associations d’usagers sont là pour apporter un regard complémentaire à celui des élus et experts de la région, ainsi qu’à celui de la SNCF, pour anticiper un certain nombre de problèmes potentiels et proposer des solutions pour y remédier. Par ailleurs, nous sommes impatients de voir rétablis les Comités Régionaux TER (CoReTer), au cours desquels tout usager peut venir prendre la parole et rencontrer les représentants de la région et de la SNCF.

Ces deux modes de concertation sont indispensables pour que le service ferroviaire régional soit optimal à l’égard de tous les usagers. Nous sommes bien sûr à la disposition de la région et de la SNCF pour oeuvrer en ce sens à leurs côtés, à titre consultatif et dans le respect absolu des attributions de chaque structure.

Le président Xavier Bertrand interpelle Guillaume Pépy

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Xavier Bertrand en gare de Maubeuge (nov. 2018)

Le soir du 10 mars, nous avons écrit au président de région Xavier Bertrand, pour lui faire part du désarroi de très nombreux usagers de la région Hauts-de-France. En effet, durant toute la journée du 10 mars, en plein épisode de tempête qui a occasionné la suppression des trains dans une large partie de la région, l’information voyageurs donnée par la SNCF et Oui SNCF a été gravement défaillante. Cela a conduit à des situations très difficiles pour les usagers et les agents, qui auraient pu être évitées si l’information avait été meilleure.

Le soir du 11 mars, le président Xavier Bertrand nous a répondu. Il nous a avertis que Franck Dhersin, vice-président aux Transports, et lui-même ont écrit un courrier à Guillaume Pépy, PDG de la SNCF, au sujet des dysfonctionnements qui ont affecté l’information voyageurs.

Vous trouverez ce courrier ci-dessous. Nous remercions vivement le président Xavier Bertrand et le vice-président Franck Dhersin pour leur grande réactivité, et pour l’attention indéfectible qu’ils portent aux usagers des lignes ferroviaires des Hauts-de-France.

Nous attendons à présent que la SNCF et Oui Sncf mettent en oeuvre tous les moyens nécessaires pour que l’information voyageurs soit désormais fiable et efficace, en situation régulière comme en période de crise.

Courrier Hauts De France 10 mars 2019

Courrier Hauts de France 10 mars 2019 2

Tempête sur l’info voyageurs.

Effarés par les lourdes erreurs commises ce dimanche 10 mars 2019 dans l’information voyageurs par la SNCF et par Oui Sncf, dont les usagers et agents SNCF ont été les victimes directes, nous avons saisi le président Xavier Bertrand pour qu’il intervienne auprès des responsables concernés. Nous espérons qu’ainsi, les problèmes qui sont survenus ne se reproduiront plus à l’avenir, et qu’ils seront rapidement corrigés par les services de la SNCF et de Oui SNCF.

***

Monsieur le Président,
La tempête qui s’est abattue sur les Hauts-de-France ce dimanche 10 mars a causé des dégâts de grande importance sur les voies ferroviaires, en provoquant notamment la chute de beaucoup d’arbres.
Nous saluons le travail réalisé par les agents SNCF durant toute la journée puis toute la nuit, aussi bien pour réparer les dégâts causés que pour aider les usagers, dans cette situation de crise et ces conditions exceptionnelles.
Cependant, nous déplorons de très nombreux dysfonctionnements dans l’information voyageurs qui a été donnée par la SNCF et par Oui SNCF durant toute cette journée.
L’ensemble des canaux d’information SNCF et Oui SNCF ont été défaillants. L’exemple de la gare de Saint-Quentin illustre la gravité de cette situation.
Les bornes Grandes Lignes présentes en gare, ainsi que l’application Oui Sncf, continuaient à vendre des billets pour des TER vers Lille, Amiens, Compiègne ou Paris, dont la suppression avait pourtant été décidée depuis une à plusieurs heures (par exemple pour les TER 843821 et 2324).
L’affichage des trains en gare, commandé depuis Paris, était gravement défaillant, puisque le départ ou l’arrivée de nombreux TER étaient encore affichés « A l’heure », alors même que le trafic des TER sur ces lignes avait été supprimé. Beaucoup d’usagers ont donc attendu en vain, durant plusieurs heures, des trains qui, en réalité, avaient été supprimés (p. ex. pour les TER 849622 et 847934). Les applications SNCF et Oui Sncf indiquaient elles aussi que ces trains seraient à l’heure, alors qu’ils avaient en réalité été supprimés.
En gare, plusieurs annonces sonores automatisées, commandées elles aussi depuis Paris, ont même été surréalistes, annonçant l’arrivée de trains qui avaient été supprimés depuis longtemps (p. ex. pour les TER 849413 et 843826).
Ces dysfonctionnements dans l’information voyageurs ont provoqué beaucoup de mécontentements chez les usagers, qui ont dû affronter non seulement une situation perturbée (que nous comprenons fort bien), mais aussi des incohérences graves dans l’information qui leur était donnée (ce qui nous semble inacceptable).
Les informations données par l’application SNCF étaient fausses pour la gare de Saint-Quentin, mais aussi pour de nombreuses gares de la région.
Par conséquent, nous vous sollicitons pour vous prier de bien vouloir intervenir personnellement, auprès des responsables de la SNCF et de Oui SNCF, pour que ces graves dysfonctionnements dans l’information voyageurs ne se reproduisent plus à l’avenir. Nous souhaiterions que la région Hauts-de-France s’enquière des causes de ces problèmes, ainsi que des solutions précises qui seront mises en oeuvre par la SNCF pour les supprimer définitivement.
Nous tenons, par la même occasion, à saluer le professionnalisme de l’agent qui était en fonction ce dimanche en gare de Saint-Quentin, et qui a dû gérer, durant de nombreuses heures, les usagers paniqués, voire excédés, par la situation ainsi que par le manque d’information en ligne et sur l’affichage en gare. Il a su garder un sang froid exemplaire, et faire preuve de beaucoup d’énergie pour aider les usagers.
Nous vous assurons, Monsieur le Président, de notre plus profond respect.
Antoine Lamotte, président
Michel Magniez, secrétaire.
Association des Usagers des Transports – Aisne Nord Oise Somme (Autan)

 

Fin du tarif Guichet à bord des trains : pour l’Autan, c’est non !

Afin de manifester notre opposition à la suppression du tarif guichet à bord des trains, nous avons écrit la lettre suivante à la direction TER de la région Hauts-de-France.  Nous invitons les associations d’usagers à envoyer un courrier similaire aux responsables de la SNCF et de leur région.

***

Messieurs,
Nous sommes vivement inquiets de la mise en place d’une nouvelle campagne de communication lancée par la SNCF, intitulée « Je monte à bord, j’achète mon billet d’abord ». Cette campagne a clairement pour objectif de préparer la suppression du tarif « guichet » à bord des trains.
Tout comme Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, nous sommes tout à fait opposés à la suppression de ce tarif, qui est indispensable aux usagers des zones rurales habitant près des points d’arrêt non gérés.
Il y a, dans notre région comme dans le reste de la France, de nombreuses zones où les habitants n’ont pas accès à internet (elle représentent au total 15% du territoire national).
De plus, un grand nombre d’habitants n’ont, pour l’instant, pas accès à internet, ni sur ordinateur, ni sur téléphone, soit pour des raisons financières, soit parce qu’ils ne maîtrisent pas cette technologie.
En outre, les usagers de ces points d’arrêt ne peuvent pas forcément se rendre en gare pour acheter leur billet – d’autant que les guichets sont de moins en moins nombreux et que leurs horaires sont de plus en plus restreints.
Et même dans les gares où il existe un guichet et/ou un distributeur : au moindre incident (comme une panne de distributeur), les usagers seront pénalisés, en devant payer leur billet plus cher pour être en règle, malgré leur bonne foi et ces circonstances exceptionnelles.
Cette mesure va occasionner des augmentations très importantes pour les usagers des zones rurales qui habitent près des points d’arrêt non gérés dépourvus de tout distributeur.
Pour ces différentes raisons, nous considérons qu’il est discriminant, pour les zones rurales, que le tarif « guichet » soit supprimé à bord des trains ; et nous regrettons la mise en place de cette campagne de communication destinée à préparer sa mise en oeuvre dans un court délai.
Nous relayons également une interrogation des usagers : aux points d’arrêt non gérés, leur sera-t-il encore possible de souscrire à un abonnement auprès du chef de bord, dans les mêmes conditions qu’actuellement ?
Nous sommes bien sûr à votre disposition pour tout échange complémentaire sur ces différents sujets.
Veuillez agréer, Messieurs, nos salutations les plus cordiales.
M. Lamotte, président
M. Magniez, secrétaire.

Association des Usagers des Transports – Aisne Nord (A.U.T.A.N.)

Usagers de la ligne Laon – Reims : dur dur d’être consultés !

Pas facile pour les usagers de la ligne Laon <-> Reims d’être consultés en réunions publiques au sujet de la qualité du service ferroviaire sur leur ligne !

Le 28 novembre 2017, un CoReTer (Comité Régional TER) était organisé par la région Hauts-de-France à Laon. On pouvait donc s’attendre à ce que la ligne Laon <-> Reims puisse être abordée en détail à cette occasion. C’était d’autant plus important que les problèmes se sont très gravement accumulés sur cette ligne (manque de conducteurs, problèmes matériels, retards, suppressions…).

Malheureusement, cela n’a pas été possible, car, comme l’indique le compte rendu de la réunion de ce soir-là, à laquelle plusieurs membres de l’Autan ont participé :

La ligne Laon <-> Reims est gérée par le Conseil Régional Grand Est et par SNCF Grand-Est.

Il était donc bien difficile pour les personnes présentes (élus des Hauts-de-France, responsables de SNCF Mobilités en Picardie…) de pouvoir s’exprimer en détail sur cette ligne, puisque l’exploitation est du ressort de la région Grand Est.

Le 7 décembre 2017, la région Grand Est organisait justement un CoReST (Comité Régional des Services de Transports) consacré à toutes les lignes ferroviaires de la Marne. Bonne occasion, se sont dit les usagers, pour pouvoir s’exprimer sur la ligne Laon <-> Reims. Hélas, cette rencontre importante a été placée… à la Maison de la Région de Châlons-en-Champagne, en pleine soirée à 18h30 ! Autrement dit : impossible pour les Laonnois de s’y rendre en train, et difficile même pour les Rémois d’y assister ! Ce choix de ville est d’autant plus étrange que les 5 lignes traitées au cours de ce CoReST de la Marne ont toutes Reims pour terminus !

Pour éviter ces problèmes à l’avenir, l’Autan a demandé aux responsables des Hauts-de-France présents au dernier CoReTer de Laon (fin novembre 2017) que, lors des futurs CoReTer à Laon, un élu de la région Grand Est et/ou un représentant de la SNCF Grand Est puissent participer également à cette réunion.

Cette idée a été favorablement accueillie, mais on ne saura pas avant longtemps si elle sera acceptée, car, pour l’instant, la région Hauts-de-France a décidé de suspendre l’organisation de tout CoReTer sur son territoire. Il n’y aura donc aucun CoReTer en Hauts-de-France aux mois de mai-juin 2018, contrairement à l’année 2017.

Et du côté de la région Grand Est ? Un nouveau CoReST consacré aux lignes ferroviaires de la Marne est prévu le 11 juin 2018, à 18h. Mais il aura lieu cette fois… à Fismes !

Si vous êtes disponible le 11 juin pour vous rendre à l’hôtel de ville de Fismes, inscrivez-vous donc vite à ce lien pour y participer avec nous :

https://www.grandest.fr/comites-regionaux-services-de-transport-corest/corest-marne

Mais il est malheureusement impossible de faire l’aller-retour entre Laon et Fismes le soir en train ! Si les usagers de la ligne Laon <-> Reims veulent se faire entendre et dialoguer avec la région Grand Est au sujet de leur ligne, il ne leur reste donc… qu’à prendre la voiture pour s’y rendre.

Autre solution : envoyez-nous un mail à l’adresse aisnenord@gmail.com pour nous faire part de toutes vos remarques et questions sur cette ligne !

Nous dialoguerons avec vous par mail ou téléphone avant le CoReST, nous porterons vos remarques au conseil régional Grand Est durant ce CoReST, et nous vous enverrons le compte rendu de la réunion.

En tous les cas, nous souhaitons vivement que les usagers de la ligne Laon <-> Reims puissent, à l’avenir, avoir accès plus facilement aux réunions publiques qui sont destinées à la consultation des usagers.

Un CoReTer / CoReST interrégional entre les Hauts-de-France et Grand Est a eu lieu à l’automne 2017 à Château-Thierry : cette démarche a été unanimement appréciée par les usagers présents. Nous espérons que cette formule pourra être reconduite à l’avenir pour d’autres villes, dont les lignes ferroviaires sont ainsi exploitées par deux régions différentes.

Dans le cas de Laon, cette démarche est d’autant plus importante que les « problèmes de production » sont toujours nombreux sur la ligne Laon <-> Reims. La succession de grèves sur cette ligne, locale puis nationale, a fortement impacté la vie personnelle, scolaire, universitaire et/ou professionnelle des usagers. En outre, la suppression des contrôleurs sur cette ligne a aussi entraîné un certain nombre de désagréments, sur lesquels il serait important de pouvoir échanger en réunion publique.

 

Menaces sur les lignes ferroviaires dans l’Aisne : l’Autan tire le signal d’alarme !

Communiqué de presse de l’Association des Usagers des Transports – Aisne Nord 

« Menaces sur les lignes ferroviaires dans l’Aisne : l’Autan tire le signal d’alarme ! »

Consultation publique en ligne, ateliers territoriaux des Assises de la Mobilité, Conseil d’Orientation des Infrastructures… : les consultations menées dans le domaine des Transports ont été très nombreuses ces derniers mois. Ce cycle ouvert à l’automne 2017 s’est achevé en février 2018 avec la remise de 2 rapports officiels au gouvernement : les rapports Duron et Spinetta. Ces consultations doivent servir de base pour la future « Loi d’orientation des Mobilités » qui sera présentée au parlement dans quelques mois.

Dans ce contexte, l’association Autan, membre de la Fédération nationale des Usagers des Transports (Fnaut), exprime sa très vive inquiétude face à la conception du transport ferroviaire qui est développée dans les rapports Duron et Spinetta.

Le rapport Duron, intitulé « Mobilités du quotidien », considère que le transport ferroviaire n’est pertinent que « là où il y a un besoin de transport massifié » et qu’il faut donc « réinterroger l’usage des voies faiblement fréquentées » (p. 38).

Le rapport Spinetta, intitulé « L’avenir du transport ferroviaire », affirme lui aussi que le ferroviaire n’est pertinent que « quand les flux sont massifs », c’est-à-dire plus précisément dans deux types de cas : « zones urbaines et périurbaines denses », et « liaisons rapides entre grandes agglomérations comprises entre 1 et 3h » (p. 37).

Mais il va beaucoup plus loin dans les conséquences concrètes qu’entraîne l’application de ce principe. Il distingue (pp. 50 et 52) deux types de liaisons ferroviaires directement menacées à court ou moyen terme, dont la fermeture est recommandée à des fins d’économies, après une étude de chacune au cas par cas. Nous illustrons ci-dessous chacune de ces catégories avec des exemples tirés des lignes des Hauts-de-France explicitement pointées du doigt dans le rapport :

1) « Petites lignes » à faible fréquentation (moins de 20 trains par jour) :

– Laon – Hirson ;

– La Ferté-Milon – Fismes – Reims ;

– Beauvais – Le Tréport – Abbeville ;

– Lourches – Valenciennes ;

– Lille – Comines ;

– L’étoile ferroviaire de Saint-Pol-sur-Ternoise (vers Etaples – Le Touquet, Béthune et Arras).

2) « Petites lignes » à fréquentation plus élevée (plus de 20 trains par jour) :

– Laon – Soissons – Crépy-en-Valois ;

– Douai – Cambrai (tronçon utilisé par l’actuelle liaison Lille – Saint-Quentin…) ;

– Amiens – Compiègne ;

– Lille – Béthune.

Les usagers des lignes ci-dessus peuvent d’ores et déjà commencer à s’inquiéter, car la suppression de ces liaisons est hélas une réalité tout à fait clairement envisagée. Certaines d’entre elles (comme La Ferté-Milon – Fismes par exemple) ont d’ailleurs déjà été fermées, et d’autres sont gravement menacées à très court terme, comme Abbeville Le Tréport !

Enfin, le rapport Spinetta demande également à l’Etat de s’interroger sur le maintien de lignes secondaires dont il considère que le trafic est « faible au regard des densités de circulation observées chez nos voisins européens ». Il réclame pour ces lignes, comme sur les « petites lignes » listées ci-dessus, que soit établie « une vision précise de l’état des lignes, des besoins d’investissements et de l’utilité collective de ces investissements » (p. 52).

Cela signifie que pèse donc également sur ces lignes un risque sérieux de fermeture ! Dans les Hauts-de-France, cela concerne en particulier les liaisons suivantes :

– Amiens – Ham – Tergnier – Laon (le tronçon Amiens – Tergnier est aussi utilisé actuellement pour la liaison Saint-Quentin – Amiens) ;

– Laon – Reims ;

– Amiens – Abbeville – Boulogne – Calais ;

– Amiens – Rouen.

Nous craignons également la fermeture de nombreuses gares et de points d’arrêt. Le rapport préconise en effet que « la partie voyageurs des gares et haltes pourrait être confiée à terme aux régions » (p. 107).

L’Association Autan dénonce vigoureusement ces projets qui n’expriment qu’une simple vision comptable du transport ferroviaire, basée sur des modèles économiques et financiers contestables. Si de telles préconisations étaient appliquées, l’aménagement de nos territoires et la mobilité des habitants seraient gravement impactés.

Selon nous, l’Etat ne peut pas se décharger ainsi de ses obligations en matière de transports et d’aménagement du territoire, en attribuant soudain ces compétences exclusivement aux régions, dont certaines, comme les Hauts-de-France, n’ont pas les moyens financiers suffisants pour compenser intégralement le désengagement croissant de l’Etat. Seule la mobilisation conjointe des usagers, des agents SNCF et des élus locaux pourra montrer à l’Etat toute l’importance de ces liaisons pour nos territoires, et le faire renoncer à détruire notre patrimoine ferroviaire régional.