Menaces sur les lignes ferroviaires dans l’Aisne : l’Autan tire le signal d’alarme !

Communiqué de presse de l’Association des Usagers des Transports – Aisne Nord 

« Menaces sur les lignes ferroviaires dans l’Aisne : l’Autan tire le signal d’alarme ! »

Consultation publique en ligne, ateliers territoriaux des Assises de la Mobilité, Conseil d’Orientation des Infrastructures… : les consultations menées dans le domaine des Transports ont été très nombreuses ces derniers mois. Ce cycle ouvert à l’automne 2017 s’est achevé en février 2018 avec la remise de 2 rapports officiels au gouvernement : les rapports Duron et Spinetta. Ces consultations doivent servir de base pour la future « Loi d’orientation des Mobilités » qui sera présentée au parlement dans quelques mois.

Dans ce contexte, l’association Autan, membre de la Fédération nationale des Usagers des Transports (Fnaut), exprime sa très vive inquiétude face à la conception du transport ferroviaire qui est développée dans les rapports Duron et Spinetta.

Le rapport Duron, intitulé « Mobilités du quotidien », considère que le transport ferroviaire n’est pertinent que « là où il y a un besoin de transport massifié » et qu’il faut donc « réinterroger l’usage des voies faiblement fréquentées » (p. 38).

Le rapport Spinetta, intitulé « L’avenir du transport ferroviaire », affirme lui aussi que le ferroviaire n’est pertinent que « quand les flux sont massifs », c’est-à-dire plus précisément dans deux types de cas : « zones urbaines et périurbaines denses », et « liaisons rapides entre grandes agglomérations comprises entre 1 et 3h » (p. 37).

Mais il va beaucoup plus loin dans les conséquences concrètes qu’entraîne l’application de ce principe. Il distingue (pp. 50 et 52) deux types de liaisons ferroviaires directement menacées à court ou moyen terme, dont la fermeture est recommandée à des fins d’économies, après une étude de chacune au cas par cas. Nous illustrons ci-dessous chacune de ces catégories avec des exemples tirés des lignes des Hauts-de-France explicitement pointées du doigt dans le rapport :

1) « Petites lignes » à faible fréquentation (moins de 20 trains par jour) :

– Laon – Hirson ;

– La Ferté-Milon – Fismes – Reims ;

– Beauvais – Le Tréport – Abbeville ;

– Lourches – Valenciennes ;

– Lille – Comines ;

– L’étoile ferroviaire de Saint-Pol-sur-Ternoise (vers Etaples – Le Touquet, Béthune et Arras).

2) « Petites lignes » à fréquentation plus élevée (plus de 20 trains par jour) :

– Laon – Soissons – Crépy-en-Valois ;

– Douai – Cambrai (tronçon utilisé par l’actuelle liaison Lille – Saint-Quentin…) ;

– Amiens – Compiègne ;

– Lille – Béthune.

Les usagers des lignes ci-dessus peuvent d’ores et déjà commencer à s’inquiéter, car la suppression de ces liaisons est hélas une réalité tout à fait clairement envisagée. Certaines d’entre elles (comme La Ferté-Milon – Fismes par exemple) ont d’ailleurs déjà été fermées, et d’autres sont gravement menacées à très court terme, comme Abbeville Le Tréport !

Enfin, le rapport Spinetta demande également à l’Etat de s’interroger sur le maintien de lignes secondaires dont il considère que le trafic est « faible au regard des densités de circulation observées chez nos voisins européens ». Il réclame pour ces lignes, comme sur les « petites lignes » listées ci-dessus, que soit établie « une vision précise de l’état des lignes, des besoins d’investissements et de l’utilité collective de ces investissements » (p. 52).

Cela signifie que pèse donc également sur ces lignes un risque sérieux de fermeture ! Dans les Hauts-de-France, cela concerne en particulier les liaisons suivantes :

– Amiens – Ham – Tergnier – Laon (le tronçon Amiens – Tergnier est aussi utilisé actuellement pour la liaison Saint-Quentin – Amiens) ;

– Laon – Reims ;

– Amiens – Abbeville – Boulogne – Calais ;

– Amiens – Rouen.

Nous craignons également la fermeture de nombreuses gares et de points d’arrêt. Le rapport préconise en effet que « la partie voyageurs des gares et haltes pourrait être confiée à terme aux régions » (p. 107).

L’Association Autan dénonce vigoureusement ces projets qui n’expriment qu’une simple vision comptable du transport ferroviaire, basée sur des modèles économiques et financiers contestables. Si de telles préconisations étaient appliquées, l’aménagement de nos territoires et la mobilité des habitants seraient gravement impactés.

Selon nous, l’Etat ne peut pas se décharger ainsi de ses obligations en matière de transports et d’aménagement du territoire, en attribuant soudain ces compétences exclusivement aux régions, dont certaines, comme les Hauts-de-France, n’ont pas les moyens financiers suffisants pour compenser intégralement le désengagement croissant de l’Etat. Seule la mobilisation conjointe des usagers, des agents SNCF et des élus locaux pourra montrer à l’Etat toute l’importance de ces liaisons pour nos territoires, et le faire renoncer à détruire notre patrimoine ferroviaire régional.

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